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Jean Prouvé, FIAC 2018 – hors les murs

Jean Prouvé et les constructions de la C.I.M.T. : structure pré-fabriquée pour l’Institut Fènelon

Après avoir définitivement quitté les Ateliers Jean Prouvé, à Maxéville, en 1956, il créé les Constructions Jean Prouvé qui vont fonctionner pendant une période assez courte. Il entrera à la C.I.M.T. (Compagnie Industrielle de Matériel de Transport), en 1958. Cette importante firme métallurgique, spécialisée dans la construction de wagons, décide avec l’expérience et la connaissance de Jean Prouvé, de développer son département de constructions préfabriquées. Le développement va surtout se faire à travers les constructions de plusieurs ensembles scolaires et de bâtiments de bureaux.


Salle de classe, Institution Fénelon (1958)

 

Il s’agit de réfléchir, de développer puis d’industrialiser une façade légère, s’adaptant ensuite à différents modes de construction. Bénéficiant des recherches passées, la C.I.M.T. réalise un ‘système grille’ de panneaux pleins ou de panneaux vitrés, fixe ou ouvrant, en tôle d‘aluminium. Ce principe va permettre de s’adapter à la politique des grands ensembles qui est d’actualité dans cette période des années 60, en France. Les recherches se poursuivent aussi sur des constructions simples, de petites tailles, comme des habitations privées, des clubs pour jeunes ou encore des salles annexes dans les écoles ou les entreprises.. Conçus comme éphémères, certains de ces bâtiments sont néanmoins devenus historiques et représentent la recherche que mène Jean Prouvé à cette époque.


Plan de la salle de classe

 

Cette construction pré-fabriquée que nous présentons fut conçue en 1958 pour l’Institut Fènelon, à Clermont-Ferrand, comme une extension de l’école. Jean Prouvé conçoit un bâtiment à partir de panneaux en aluminium embouti, joint les uns aux autres et tenus ensemble par des raidisseurs de façade. La construction, d’assez grande taille, a une structure qui repose sur trois grands portiques, disposés à chaque extrémité dont un plus important au centre. Recouvert d’une toiture en aluminium, l’ensemble constitue une structure pour durer. Ce bâtiment servira par la suite, de référence, pour Jean Prouvé puisqu’il est cité et illustré dans le catalogue CIMT-Jean Prouvé, édité en 1958. On sait aussi que les bureaux pré-fabriqués de jean Prouvé, à Aubervilliers, en région parisienne, sont conçus sur le même principe de construction.


autre bâtiment CIMT-Jean Prouvé, ca. 1958

 

L’architecture de ce bâtiment est unique dans l’œuvre de Jean Prouvé car c’est une des seules constructions CIMT des années 50-60 à avoir encore le principe du portique central. Les autres constructions développeront plus le principe de construction à noyau central, composé généralement d’une salle de bain d’un côté et d’une cuisine de l’autre, reprenant le principe développé dans la maioson Alba (Aluminium-béton armé) en 1952 et la maison des Jours meilleurs, pour l’Abbé Pierre, en 1956.


Intérieurs d’une construction préfabriquée CIMT-Jean Prouvé, ca. 1958

 

Par son concept minimal et son architecture transparente, preuve de légèreté de cette construction, on pourrait en quelque sorte y retrouver une interprétation de la Glass House de Philip Johnson aux Etats-Unis. La transparence de cette construction de Prouvé tout comme sa légèreté, ont tendance à se démarquer des constructions d’urgence qui furent réalisées dés 1944, ainsi qu’aux maisons de Meudon que l’on retrouve à partir de 1952 avec ses panneaux pleins. On est en plein dans une période évolution sur la structure mais aussi les matériaux légers, comme l’aluminium.


Dessin d’étude d’une construction préfabriquée CIMT-Jean Prouvé, ca. 1958