Jean Prouvé

1901 (Paris) - 1984 (Nancy)
Jean Prouvé est de la "Dynastie Nancy".
1900, l'Ecole de Nancy : Victor Prouvé (père de Jean), Gallé , Majorelle, Daum, etc ... : les créateurs et les artisans du "Nouveau Style".
Un demi siècle a passé. Il est de même sang créateur, mais il exprime le temps présent. Il est ingénieur - architecte - réunis en un seul homme, - ce qui est exceptionnel.
Jean Prouvé a traversé toutes les intrigues, toutes les vicissitudes. Il est entré dans la réalité. Il construit et il conçoit. Un tel rôle est réservé à un caractère d'élite ; c'est le rôle de l'abnégation, du courage, de la persévérance, de l'obstination.


Paris, le 7 Janvier 1964
Le Corbusier




Mobiliers



Citations de Jean Prouvé


"De 1924 à 1950, tous les très nombreux meubles que je fabriquais découlent immuablement des mêmes principes. Un meuble ne se compose pas sur une planche à dessin. Je considère comme indispensable de l'ébaucher dès qu'il est pensé, de l'éprouver, de le corriger, de le faire juger, puis, s'il est valable, d'en préciser alors seulement tous les détails par des dessins très stricts. La déception ou l'enthousiasme des participants — on n'est jamais seul — décide de la poursuite du projet. Donc dans mon esprit, même processus que pour tout autre construction : un meuble, c'est sérieux."



"Il n'y a pas de différence entre la construction d'un meuble et d'une maison." "Construire un meuble est une chose sérieuse, très sérieuse, s'il s'agit de composer des objets dans l'espoir d'une diffusion importante. Que de sévices ne subissentils pas, nos meubles ? Que de résistances à l'effort, aux contraintes ne leur demande t-on pas ? Les problèmes à résoudre sont aussi complexes que ceux des grandes constructions. Je les assimilai à des bâtis de machines, destinés à travailler durement, ce qui me conduisit à les composer avec les mêmes soucis, donc les mêmes règles de résistance des matériaux, voire les mêmes matériaux. Les tubes d'acier cintrés ne pouvaient pas me satisfaire. C'est la tôle d'acier qui m'inspira. Pliée, emboutie, nervurée, puis soudée. Les sections d'égale résistance et les tracés rigoureux en découlèrent, mis en valeur par le raffinement du détail et des qualités de finition."



"Le pied avant de la chaise est fin car il ne travaille pas, il faut chercher un profil qui évite que l'on butte dans les pattes de la chaise ; une grosse masse doit relier les deux pieds arrières qui travaillent quand on se penche. On préférera le contre-plaqué au bois de sciage car il ne travaille pas. Une pliure sera utile pour retenir le bouchon qui protège le pied et glisse bien sur le parquet."




Un enfant du siècle


François Laffanour n'a jamais connu Jean Prouvé. Il l'a cependant rencontré, aimé, compris à travers des témoignages longtemps négligés, oubliés : ses meubles. L'oeil, la sensibilité, les mots d'un amateur qui a pour Jean Prouvé la connaissance familière, l'intimité que seule peut insuffler la passion du collectionneur.



Florence Michel. Quand et comment avez-vous commencé à vous intéresser à Jean Prouvé ?
François Laffanour. C'est d'abord l'originalité et la nouveauté des meubles de Jean Prouvé qui m'ont frappé. L'aspect commercial n'est pas non plus à négliger : ces pièces n'étant pas reconnues sur le marché, ne cotaient rien ou presque rien. Et ce qui continue encore à me séduire, c'est que ces meubles, sous leur aspect classique et à la limite du banal — après tout, la plupart passe pour du mobilier de bureau — se révèlent peu à peu, se livrent à qui veut bien être attentif aux détails, aux finitions. On découvre alors, au fur et à mesure, un style véritable, extrêmement présent, extrêmement personnalisé qui vous permet de reconnaître au premier coup d'oeil la main, la patte du maitre. Il a travaillé pour des collectivités, (l'université d'Antony, par exemple), pour des commandes privées, et pour ses amis architectes, des pièces quasiment uniques. Tout un domaine de recherches s'ouvrait donc et il me semblait très excitant de tenter de retrouver cet ensemble d'œuvres éparses, à partir de la documentation ancienne qui m'a permis de référencer les pièces. de représenter les lieux et de retrouver les propriétaires. Les années aidant, les choses ont été plus faciles : le design qui s'inspirait finalement de ces années est venu à notre secours si je puis dire. Il a contribué à préparer les esprits, à former le goût On a redécouvert la beauté de ces oeuvres ; peu à peu, des propriétaires se sont faits connaître, des oeuvres sont apparues sur le marché.



Florence Michel. Du point de vue formel, qu'est-ce qui vous attire dans les meubles de Jean Prouvé? Est-ce le fait que l'architecte construisait ses meubles comme il construisait un bâtiment ?
François Laffanour. Pour être tout à fait sincère, je vous dirais que j'ai suivi précisément le chemin inverse. Je n'ai aucune formation d'architecte. J'ai donc fait la connaissance de l'architecte à travers le créateur de meubles. En cherchant les meubles, j'ai découvert les maisons, celles de Meudon dont les habitants m'expliquaient qu'ils pouvaient déplacer leurs cloisons, changer les fenêtres. J'ai repéré les gigantesques portiques en métal qui servaient d'ossatures à la construction. Cela donnait tout à coup à l'ensemble une cohérence, une force, une cohésion extraordinaires: les tables, les chaises, les luminaires habitaient en harmonie avec l'architecture. J'ai pris tout à coup conscience de cette dimension. Mais je ne vous cacherai pas que cet aspect de son œuvre reste pour moi un peu secondaire : mon approche de Jean Prouvé reste celle d'un amateur, d'un collectionneur de son mobilier. J'y ai retrouvé finalement la rigueur du mobilier « trente », mais avec quelque chose en plus : une innovation au niveau des matériaux et des formes, et une originalité tout à fait marginale par rapport à ses contemporains, les créateurs de l'époque qui travaillaient encore dans l'esprit « Arts Déco ». On découvrait une intelligence de la technique et des matériaux absolument nouvelle, tout en ayant la qualité, la force et la beauté des meubles de Chareau ou de Mallet-Stevens. Un meuble de Prouvé n'est pas un meuble de décorateur, il atteint cette sobriété, ce minimalisme, cet équilibre des grandes oeuvres classiques.



Florence Michel. En quoi réside l'originalité des meubles de Jean Prouvé, si on évoque plus précisément Ia question des matériaux et techniques de Construction ?
François Laffanour. Son originalité essentielle est évidemment l'utilisation de la tôle d'acier, technique qu'il a développée à partir de la ferronnerie. Au départ, il voulait concevoir des chaises à destination des colonies. Il a donc recherché la légèreté, la maniabilité, l'aspect démontable. Avec la tôle d'acier, il a mis au point un matériau extrêmement fin et bénéficiant pourtant d'un coefficient de résistance exceptionnel qui devait lui permettre de fabriquer des pièces peu coûteuses, résistantes, et véritablement innovantes. Malgré toutes ces contraintes commerciales, contraintes au niveau du prix et de la fabrication, le paradoxe est de constater à quel point l'artiste en lui n'a jamais cédé le pas et qu'il a fini par faire oublier à « l'entrepreneur » les objectifs qu'il poursuivait au départ. Ses meubles sont en fait compliqués, souvent lourds, peu pratiques, non démontables, résistants, mais selon des normes presque démesurées. Il s'enthousiasmait tellement, il allait tellement loin dans le perfectionnement du moindre détail, qu'au bout du compte il parvenait à un résultat extrêmement raffiné, en fait très esthétique. Certes, ses meubles ont été conçus avec les matériaux de la modernité, dans une simplicité d'usage rationaliste. Il reste que ses chaises ne sont pas empilables, les éléments de bureau ne sont pas démontables, les tiroirs ont des mécanismes extrêmement compliqués. Un fauteuil, « Le Grand Repos », est composé de deux plaques de tôle, deux systèmes de roulement à billes qui permettent à l'assise de basculer à l'arrière, Ce sont ces sortes de grosses machines qui m'ont conduit à m'intéresser à Jean Prouvé. Quand il a commencé à déraper par rapport à son idéologie, en imposant un style, sans s'en rendre compte, il a véritablement créé quelque chose d'original.



Florence Michel. Ces meubles que vous évoquez, étaient-ce des pièces uniques ou du mobilier prévu pour des lieux publics ?
François Laffanour. Jean Prouvé ne dissociait pas les deux productions. Son but était de concevoir des meubles beaux, qui pouvaient aussi bien répondre aux besoins des particuliers que des collectivités. Il ne s'agissait pas de détourner du mobilier fonctionnel, destiné au tertiaire, pour le faire passer dans l'habitat. La chaise qu'il avait conçue pour la Cité Universitaire était celle qu'il utilisait chez lui. Un meuble devait être beau. Il a tenté d'en rationaliser la fabrication pour produire en séries, mais il n'y a pas chez lui ce qu'on a tenté d'y voir, la notion de High-Tech, la récupération de techniques industrielles au profit des objets du quotidien. Il voulait seulement rendre accessible au plus grand nombre un produit qu'il considérait beau, et donc fabriquer les objets du quotidien industriellement.



Florence Michel. Un créateur comme Chareau a travaillé la tôle, le métal. Comment caractériseriez-vous le travail de Prouvé par rapport à lui ? Comment se traduit le passage de l'artisanat à l'industrie ?
François Laffanour. Chareau utilisait effectivement des plaques de tôle beaucoup plus épaisses et les travaillait dans une conception artisanale plus proche de techniques de la forge. A cela, il y avait une bonne raison : Chareau répondait à des commandes uniques, destinées à un cadre très précis. Les meubles de Jean Prouvé étaient conçus en vue d'une production sérielle, même s'ils l'étaient avec un grand souci du dessin et de l'esthétique. L'esprit n'était absolument pas le même : d'un côté, il y avait un décorateur, de l'autre, un théoricien. Chareau n'a pas laissé d'écrits. Ceux de Prouvé s'imposent autant que ceux de Le Corbusier aujourd'hui. C'est, à mon avis, une distinction essentielle. Contrairement aux créateurs des années trente, ce n'était pas le style, mais un discours qui sous-tendait toute sa démarche. Il ne faut pas non plus perdre de vue le projet social qu'il poursuivait avec tous ceux qui, en cette période de l'Entre-Deux-Guerres, croyaient au bien-être pour tous, au bonheur d'une société. En méme temps que le progrès technique, il croyait au progrès social. Mais c'est vrai que les caractéristiques des meubles que j'évoquais tout à l'heure, qui en font le charme aujourd'hui, montrent que le rationalisme de sa pensée et de la production lui a parfois échappé. Son amour du détail bien fait, raffiné, l'entraînait toujours plus loin, et malgré lui, il a fini par créer son propre style. Je dirais que ce mobilier est la forme visible de la pensée utopique qui l'animait.



Florence Michel. Du point de vue de la construction, quelle serait la plus grande innovation de Prouvé ?
François Laffanour. Il a innové en développant les structures massives, traitées comme de véritables architectures et démontrant que le meuble est bien affaire, chez lui, de construction. Un plateau de bureau, par exemple, qui vient se poser en retrait par rapport à la structure, c'est une trouvaille esthétique qui dégage une impression de robustesse, tout en mettant l'accent sur la fonctionnalité. Mais, selon moi, son souci d'attacher, de river les éléments à leurs structures. À l'aide de systèmes de boulonnages qui nous émerveillent encore aujourd'hui, en fait un véritable créateur du XX* siècle et de le société industrielle.



Florence Michel. S'il fallait établir le catalogue raisonné de sa production, combien de modèles serait-il possible de comptabiliser ? Quelle serait la part des pièces uniques?
François Laffanour.Effectivement. vous trouveriez des centaines de pièces originales. Un seul modèle peut connaître plus d'une douzaine de versions différentes, que ce soit au niveau de la finition, du matériau, du mode d'assemblage ...Je ne pense pas qu'il y ait plus de dix modèles importants de fauteuils, six pour les bureaux. Tous ont, en revanche, donne lieu à des variantes qui portent, je vous l'accorde, sur des détails, mais des détails qui pouvaient compromettre la rentabilité d'une entreprise… Ces paradoxes me fascinent. Il n'empêche que Jean Prouvé, selon selon moi, appartient à notre mémoire contemporaine, au patrimoine de la société industrielle, celle de la mécanique, du moteur et du mouvement, celle des châteaux-d'eau. J'aime Jean Prouvé comme on aime aujourd'hui Fernand Léger et la Tour Eiffel, comme le digne continuateur de la grande tradition française du travail du métal.



Propos recueillis par Florence Michel. Mars 1989.





Jean Prouvé par Phillip I. Danzig


Le constant travail de recherche mené pendant quarante ans par le français Jean Prouvé, architecte industriel, pour améliorer les techniques de fabrication et développer l'utilisation d'éléments métalliques a abouti à la construction d'édifices d'une grande importance. Après un début de carrière comme artisan (contrairement à Mies van der Rohe) , Jean Prouvé a travaillé de concert avec les plus grands architectes de son pays sur des projets toujours plus considérables. On lui reconnaît la paternité du tout premier mur rideau moderne (en 1936) et, à l'heure actuelle, Jean Prouvé supervise l'avancement des travaux de construction de ce que l'on affirme être l'école à plus haut niveau d'intégration technique et de perfection industrielle de toute l'Europe. « Je suis de plus en plus convaincu qu'un architecte doit répondre de l'intégralité du projet et non simplement défendre les intérêts de son client face au constructeur » c'est ce que déclare Jean Prouvé. Cet architecte reconnaît la nécessité d'une plus grande diversité dans les constructions préfabriquées et il préconise à cet égard l'utilisation d'éléments de construction aisément installables et remplaçables. Si la durée de vie utile des composants était plus brève, argumente t-il, il serait plus facile d'adapter une construction à l'évolution des besoins. Ce vieillissement planifié aboutirait à une construction plus « dynamique », pour reprendre sa propre expression. Comment un tel miracle peut-il s'accomplir ? II suffit seulement d'y croire ; c'est un peu comme, par exemple, la « profession de foi » d'Henry Ford » déclare t-il, puis, il conclut en ces termes « Le moment est enfin venu de mettre en pratique toutes ces idées que l'on a laissé mûrir pendant les trente dernières années, idées qui, finalement, sont désormais admises par les principaux constructeurs ». Jean Prouvé est né à Paris en 1901. Son père Victor, peintre, graveur et sculpteur, a contribué à la création de « l'Ecole de Nancy » avec Emile Gallé, tenant de l'Art Nouveau. A cette époque, le centre industriel de Nancy a d'ailleurs servi de cadre privilégié à la renaissance de l'artisanat dans les arts appliqués, l'objectif de l'Ecole étant de créer de beaux objets qui soient à la portée du plus grand nombre grâce à une fabrication en série. de 1 500 grands ensembles Tous en admettant l'emploi excessif d'éléments répétitifs, Prouvé revendique le fait qu'il a contribué, en créant un grand nombre de prototypes industrialisés, à orienter l'industrie française du bâtiment vers la production en usine. En 1952, Prouvé quitte Nancy pour s'installer à Pans où il s'attèle, en collaboration avec d'autres architectes, à la mise au point d'une vaste gamme d'éléments de construction montés en série tels que les structures métalliques de fenêtres et les entrées préfabriquées ; il travaille par ailleurs fréquemment avec Le Corbusier.

Elevé dans ce milieu artistique (Gallé est son parrain), le jeune Prouvé se tourne donc naturellement vers une carrière liée à l'esthétique. Les machines ou constructions — et notamment les automobiles, les avions et les ponts — l'attirent plus particulièrement et il constate à cet égard que l'architecture ne bénéficie d'aucun progrès technologique. 11 décide donc d'apporter sa contribution à ce secteur d'activité apparemment négligé de tous et se fixe alors pour objectif de devenir ingénieur. Il est toutefois interrompu dans ses études par la Première Guerre Mondiale. Pendant toute cette période, Jean Prouvé travaille alors comme ferronnier et finit par ouvrir son propre atelier à Nancy, en 1923. Dans les premiers temps, il se consacre à la fabrication d'ouvrages métalliques traditionnels tels que des grilles intérieures et extérieures et des éléments d'escalier et d'ascenseur. Mais progressivement, Jean Prouvé — qui, à cette époque, enseigne également la ferronnerie à l'Ecole Supérieure de Nancy — se tourne vers des créations moins conventionnelles. L'une de ses premières commandes importantes lui vient de l'architecte d'avant-garde Mallet-Stevens. Prouvé met alors au point le premier mur rideau pour une halle à Clichy, « La Maison du Peuple ». Ce mur se présente sous la forme d'une tôle métallique pliée avec précision au moment de la fabrication. Cette innovation vaut à Prouvé le renom d'un créateur soucieux du détail. A l'approche de la Deuxième Guerre Mondiale, l'atelier de Jean Prouvé jouit d'une réputation grandissante auprès des architectes. Malheureusement, lorsque la guerre éclate, les projets de Jean Prouvé sont de nouveau interrompus et l'atelier doit fermer ses portes. Après la Libération, le Gouvernement charge Prouvé de mettre sur pied un projet de construction Entre-temps, les milliers d'enfants du « baby boom » de l'après-guerre ayant atteint l'âge scolaire, le Ministre de l'Education Nationale commence à envisager l'Industrialisation des constructions scolaires, solution qui permettrait, pense t-il, de limiter les retards dans l'achèvement des travaux et de contrôler de plus près les facteurs qualité prix. Par conséquent, les services de Jean Prouvé sont de nouveau sollicités. Prouvé réalise alors une série de structures prototypes devant aboutir à la construction de l'établissement secondaire de Saint-Egrève. Cet édifice, mis au point conjointement avec un groupe d'architectes, fait intervenir une intégration structure/enceinte/éléments mécaniques. Les colonnes et les poutres sont en forme de « U «pour supporter les raccordements de service, les panneaux extérieurs préfabriqués, les cloisons démontables et les installations. Les éléments métalliques extérieurs — pleins, avec vitres fixes ou avec vitres ouvrantes — sont réunis entre eux par un procédé très simple et sont donc aisément Interchangeables Des panneaux en aluminium sont placés verticalement contre le front des colonnes. Des systèmes d'éclairage légers, fabriqués en usine, sont suspendus aux poutres Le Corbusier a dit de cette construction qu'elle réunissait la pureté, l'apparente simplicité et l'élégance architecturale caractéristiques des œuvres de Jean Prouvé.


Phillip I. Danzig



Biographie Complète


  • 1901 Naissance de Jean Prouvé le 8 avril à Paris. Fils de Victor Prouvé, chef de file de l'École de Nancy après la mort d'Émile Gallé.
  • 1916-1923 Apprentissage en ferronnerie avec Émile Robert puis Szabo.
  • 1923 Installation d'un petit atelier rue Général Custine. Nancy. Travaux de ferronnerie d'esprit nouveau.
  • 1924 Développement de l'atelier. Les premiers meubles apparaissent.
  • 1925 Exposition des Arts Décoratifs.
  • 1925-1930 L'introduction de la soudure électrique et de l'acier inoxydable permet la réalisation de commandes plus importantes et adaptées à l'architecture. Rencontre à Paris Mallet-Stevens, Pierre Jeanneret, Le Corbusier, Herbe.
  • 1930 Membre fondateur de l'U.A.M. (Union des Artistes Modernes). Premiers projets d'habitations métalliques démontables. Mobilier en inox du paquebot Toukoubia. Ouverture d'un grand atelier rue des Jardiniers à Nancy.
  • 1931 Grille du Musée des Arts Africains et Océaniens, Paris, Porte Dorée.
  • 1933 Réalisation de meubles associant métal et bois pour la Cité Universitaire de Nancy.
  • 1935 Création de mobilier pour la Compagnie Parisienne d'électricité, bureaux métalliques qui connurent par la suite un grand succès.
  • 1937 Exposition Universelle de Paris, les ateliers Jean Prouvé contribuent à l'aménagement du Pavillon de l'Union des Artistes Modernes, architectes Pingusson, Louis, Jourdain. Cabine sanitaire avec Le Corbusier - Pierre Jeanneret.
  • 1938 Fabrication des meubles en pleine expansion. Maison du Peuple à Clichy, « l'événement technique et architectural d'avant-guerre ».
  • 1939 Exposition de mobilier et de diverses réalisations à New York.
  • 1940-1944 Années de guerre : Jean Prouvé entre dans la Résistance. Il sera Maire de Nancy. Restriction d'acier. Avec les matériaux dont il dispose, réalisation de quelques meubles où le bois domine.
  • 1944-1954 « Ateliers de Maxéville ». Période d'intense activité où Jean Prouvé disposera pleinement de son outil de travail. De nombreux architectes viennent travailler à Maxéville_ Nombreux contacts avec Le Corbusier, Pierre Jeanneret. Nombreux meubles réalisés en collaboration avec Charlotte Perriand : Cité Universitaire, commandes particulières...
  • 1946 Collaboration avec Le Corbusier sur un projet d'appartements entièrement préfabriqués. Nancy cité universitaire, mobilier chambres d'étudiants.
  • 1947 La société Pechiney (aluminium) prendra les ateliers Jean Prouvé comme usine pilote.
  • 1948 Mobilier, exposition des Arts Ménagers, Paris. Mobilier, musée des Arts Décoratifs, Paris.
  • 1949 Mobilier et éléments « unité d'habitation » Le Corbusier. Maisons de Meudon, mobilier. Maison démontable aluminium et acier modèle « tropical » pour l'Afrique.
  • 1950 Maison type Meudon. Exposition des Arts Ménagers, Paris. Escaliers, cuisines, meubles, « Cité Radieuse » de Le Corbusier. Contacts avec René Herbst, Louis Sognot, André Bloc, André Vigneau.
  • 1951 Exposition des Arts Ménagers, Paris. Maison Coque.
  • 1953 Fin des ateliers de Maxéville.
  • 1954 Construction de sa propre maison en aluminium, acier et bois, avec des composants récupérés à l'usine. Diffusion du mobilier par la Galerie Steph Simon, boulevard Saint-Germain, Paris. Lieu d'exposition et de rencontre des créateurs les plus marquants de l'époque : Jean Prouvé, Charlotte Perriand, Serge Mouille, lsamu Noguchi.
  • 1954-1966 Direction du département architecture de la C.I.M.T. Enseignement au CNAM. Importante activité d'ingénieur conseil pour de grands projets. CNIT à La Défense, Paris. UNESCO avec Breuer, Zehrfuss, Paris.
  • 1956 Maison pour l'Abbé Pierre. I111963. Prix Auguste Perret de l'U.I.A.
  • 1971 Jean Prouvé est membre du Jury du Concours International du Centre Pompidou, et ardent défenseur du projet retenu (Rodgers, Piano, Franchini, architectes).
  • 1981 Poursuit son activité d'ingénieur conseil : Forum des Halles, Vélodrome de Bercy, Quartier de l'Horloge, Tour Hertzienne d'Ouessant, Siège du Parti Communiste avec Niemeyer, 1970. Prix Erasme, Pays-Bas. Exposition mobilier et Architecture, Rotterdam.
  • 1982 Grand Prix d'Architecture de la Ville de Paris.
  • 1983 Exposition Jean Prouvé à l'Institut Français d'Architecture.
  • 1984 Mort de Jean Prouvé. Exposition hommage à Jean Prouvé, Galerie Down Town, Paris. 01985. Exposition « Prouvé - Mouille », Galerie Delorenzo, New York, en collaboration avec la Galerie « 1950 », Alan.
  • 1987 Exposition « Le Style 50 » Mobilier Jean Prouvé, Mairie du VI° arrondissement, Paris. Exposition « Jean Prouvé Mobilier » 1924-1953. Galerie Downtown, Paris.