logo

Et, ACTION !

Et, ACTION !

Le Design au Cinéma

Design and Cinema

Indéniablement, cette période de confinement nous offre une jolie chose, devenue rare dans un quotidien au rythme soutenu, du temps ! L’occasion alors de se replonger sans culpabilité dans le 7ème art. Vieux films de la Nouvelle Vague, comédie ou satire des années 70, épopée futuriste des années 2000 ou blockbusters contemporains, tous ont un point commun : un décor qui permet de voir plus loin que les quatre murs de notre maison, et de s’évader.

Le cinéma est un terrain de liberté fou, on invente, on expérimente, on compose ! C’est aussi un terrain de créativité. Des années 20 à aujourd’hui, les décors ont pour mission de nous captiver, de nous inspirer ! Le mobilier tient alors un rôle de premier plan. Les objets peuvent produire eux-mêmes de l’action, ils peuvent ajouter du sens à l’intrigue, devenant un véritable personnage à part entière. Les relations sont alors à double-sens, le cinéma ayant besoin du design pour le décor, et le design s’inspirant parfois du cinéma pour raconter une histoire. Et quand les deux disciplines se conjuguent parfaitement, cela donne des films ou des meubles d’anthologie.

Undeniably, this period of quarantine offers us a great thing, which has become rare in our fast-paced daily world, the time! Let’s thus plunge back without any guilt into the Seventh Art. New Wave films, comedy or satire from the 70s, futuristic epic from the 2000s or contemporary blockbusters, all have one thing in common: a setting that allows you to see beyond the four walls of our house, and to escape .

Cinema is a crazy land of freedom, we invent, we experiment, we compose! It is also a field of creativity. From the 1920s to today, the decor has the mission to captivate us, to inspire us! The furniture then plays a leading role. Objects can produce action themselves; they can add meaning to the plot, becoming a real character in their own right. Relations are therefore a two-way street, cinema needing design for the decor, and design sometimes drawing inspiration from cinema to tell a story. And when the two disciplines combine perfectly, it creates masterpieces of cinema and design.

« L’inhumaine », Marcel L’Herbier, 1924

Mobilier, Robert Mallet Stevens
Stage furniture, Robert Mallet Stevens
D.R.

Il est une figure incontournable du cinéma français, et pourtant, une grande part de son œuvre reste méconnue. Dans les années 20, Marcel L’Herbier tourne L’inhumaine, un drame au style novateur, tant dans sa narration que dans sa forme ! Mieux qu’un film, c’est l’incarnation de l’avant-garde qui caractérise ces années, un miroir du modernisme qui agite la société. Des décors cubistes à la symétrie étourdissante signés par de grands noms de l’époque tels que Robert Mallets-Stevens – militant de la modernité et premier décorateur attitré du cinéma – ou encore Pierre Chareau.

« Je préfère montrer mes inventions aux foules du cinéma qu’aux seuls amis et maîtresses du club qui aurait recours à mes offices ». (Robert Mallets-Stevens)

He is a key figure in French cinema, and yet a large part of his work remains unknown. In the 1920s, Marcel L’Herbier shot L’inhumaine, a drama with an innovative style, both in its narration and in its form! Better than a film, it is the embodiment of the avant-garde which characterizes these years, a mirror of modernism which agitates society. Dazzling symmetry and cubist decorations signed by big names of the time such as Robert Mallets-Stevens – militant of modernity and first permanent decorator of cinema – or Pierre Chareau.

« I prefer to show my inventions to the crowds of cinema than to the only friends and mistresses of the club who would use my offices ». (Robert Mallets-Stevens)

« Mélodie en sous-sol », Henri Verneuil, 1963

Céramique « Femme aux Nichons », Georges Jouve
« Femme aux Nichons » ceramic, Georges Jouve
D.R.

Ce polar magistral associe deux générations, en mettant en scène un vieux truand joué par Jean Gabin, et un jeune au physique presque insolent, incarné par Alain Delon. Implacable leçon d’écriture, tant le récit est haletant et la mise en scène millimétrée. Ce film nous donne aussi à voir – à travers son décor précisément pensé – une certaine conception de la vie et de la société, mettant en parallèle des nantis évoluant dans un chic très sixties, et des bandits n’ayant qu’une seule envie, les voler.

This masterful thriller combines two generations, by staging an old crook played by Jean Gabin, and a young man with an almost insolent physique, embodied by Alain Delon. Genius script, as the story is breathless, and the staging is done to the last detail. This film also gives us to see – through its precisely thought-out decor – a certain conception of life and society, putting in parallel wealthy people evolving in a very chic sixties, and bandits having only one desire, rob them.

Courtesy Galerie Downtown – François Laffanour

« Mon Oncle », Jacques Tati, 1958

Fauteuils « Scoubidous », Pierre Guariche, Michel Mortier et Joseph Motte (Atelier de Recherche Plastique); Ensemble de mobilier, Jacques Lagrange
« Scoubidous » armchairs, Pierre Guariche, Michel Mortier and Joseph Motte (Atelier de Recherche Plastique); set of furniture, Jacques Lagrange
D.R.

D.R.

Cette œuvre majeure fut en quelque sorte le « manifeste » du film-design, puisque le mobilier fut inventé pour le film, par le cinéaste Jacques Tati lui-même, en collaboration avec Jacques Lagrange, édité ensuite en 2005 par Domeau & Pérès, tant il est devenu culte. Il convient de noter toutefois l’apparition de quelques invités de taille dans le décor, tels que les fauteuils Scoubidous de Pierre Guariche, Michel Mortier et Joseph Motte (Atelier de Recherche Plastique), les appliques de Serge Mouille et les céramiques de Pol Chambost. « Comme c’est original ! On peut s’assoir ? » clame la voisine venue admirer la résidence de l’héroïne.

This major film was in a way the « manifesto » of the film-design, since the furniture was invented for the film, by the filmmaker Jacques Tati himself, in collaboration with Jacques Lagrange. Having become cult objects since, then were even edited in 2005 by Domeau & Pérès, We should note, however, the appearance of a few important guests in the decor, such as the Scoubidous armchairs by Pierre Guariche, Michel Mortier and Joseph Motte (Plastic Research Workshop), the sconces by Serge Mouille and the ceramics by Pol Chambost. « How original! Can we sit?  » exclaims the neighbor who came to admire the heroine’s residence.

« La Piscine », Jacques Deray, 1969

Ensemble de mobilier, Gae Aulenti
Set of garden furniture, Gae Aulenti
D.R.

Le casting de ce film est déjà une promesse en soit : Maurice Ronet, Alain Delon, Romy Schneider et Jane Birkin, mis en scène ans un huis-clos estival. Le synopsis est simple : Les vacances d’un couple dans une superbe villa dans les hauteurs de Saint Tropez sont perturbées par l’arrivée d’amis, entrainant le trouble sur la nature de leur relation passées… La Piscine fait partie de ses films que l’on peut voir un nombre incalculable de fois, pour la beauté magnétique de ses acteurs, mais aussi sa sensualité esthétique qui se dégage de l’image. Tout invite au délassement : un immense transat signé Roger Tallon, ou encore un salon de jardin Locus Solus jaune de Gae Aulenti, mais le mobilier participe aussi à l’action, la piscine devenant « fatale » !

« Un décor est un grand sentiment dramatique ! » (Louis Jouvet, réalisateur)

The casting of this film is already a promise in itself: Maurice Ronet, Alain Delon, Romy Schneider and Jane Birkin, staged in a summer setting. The synopsis is simple: The vacation of a couple in a superb villa in the heights of Saint Tropez is disrupted by the arrival of friends, causing confusion on the nature of their past relationship … The Swimming Pool is one of the films that you can see countless times, for the magnetic beauty of its actors, but also its aesthetic sensuality that emerges from the image. Everything invites to relaxation: a huge deckchair signed Roger Tallon, or a yellow Locus Solus garden furniture by Gae Aulenti, but the decor also takes part in the action, the swimming pool becoming « fatal »!

« A decor is a great dramatic emotion ! » (Louis Jouvet, director)

« Oscar », Edouard Molinaro, 1967

Fauteuil « Mushroom » et son ottoman, Pierre Paulin
« Mushroom » armchair and its ottoman, Pierre Paulin
D.R.

D.R.

Entre nouvelle vague et culture pop, les années 60 vont offrir aux téléspectateurs un ciné-design prolifique. Dans Oscar, les Mushrooms de Pierre Paulin illustrent parfaitement l’idée que le public se fait d’une existence « moderne », et de la notion d’originalité et de nouveauté au sein des classes plus aisées. L’appartement de Louis de Funès devient le parfait showroom de ce qu’il se fait de mieux dans les sixties ! Conçu en 1967 par Georges Wakhevitch et Jean Forestier, les décors d’Oscar sont une mine de design contemporain.

Between the New wave and Pop culture, the 60s will offer viewers a prolific film-design scenery. In Oscar, Pierre Paulin’s Mushroom armchairs perfectly illustrate the public’s idea of a “modern” existence, and of the notion of originality and novelty among the wealthier classes. Louis de Funès’ apartment becomes the perfect showroom of the best of the sixties! Staged in 1967 by Georges Wakhevitch and Jean Forestier, Oscar‘s decors are a mine of contemporary design.

Courtesy Galerie Downtown – François Laffanour

« 2001: A Space Odyssey », Stanley Kubrick, 1968

Ensemble de fauteuils et canapés « Djinn », Olivier Mourgue
Set of « Djinn » armchairs and sofas, Olivier Mourgue
D.R.

Stanley Kubrick a compris très tôt l’importance du décor, et s’est particulièrement attaché aux choix des pièces de mobilier. Il puise dans les collections avant-gardistes et futuristes des années 60 pour présenter des pièces de design des grands noms de l’époque. Pour le film 2001, l’Odyssée de l’Espace, il réunit pas moins de 35 décorateurs ! Le célèbre lounge blanc du vaisseau spatial V est meublé de sièges rouges ondulants, de la série « Djinn », dessinée par le designer français Olivier Mourgue et éditée par la société Airborne International. Le rouge franc tranche alors impeccablement avec le blanc stellaire du décor. Au milieu, des tables à un pied, aujourd’hui iconiques : les fameuses Tulip créées par Eero Saarinen en 1956 et éditées par Knoll. Un an plus tôt, dans Casino Royale, Peter Sellers faisait des exercices de gym sur la chaise longue du même modèle, habillé de rose pour l’occasion, selon les desideratas d’Ursula Undress.

Stanley Kubrick understood the importance of decor early on, and paid particular attention to the choice of pieces of furniture. He draws on avant-garde and futuristic collections from the 1960s to present design pieces by the great names of the time. For the 2001: A Space Odyssey film, he brings together no less than 35 decorators! The famous white lounge of the spacecraft V is furnished with undulating red seats, from the « Djinn » series, designed by the French designer Olivier Mourgue and produced by the company Airborne International. The clear red impeccably contrasts with the stellar white of the decor. In the middle, one-legged tables, now iconic: the famous Tulip created by Eero Saarinen in 1956 and produced by Knoll. A year earlier, in Casino Royale, Peter Sellers was doing gym exercises on the same model’s lounge chair, dressed in pink for the occasion, according to the wishes of Ursula Undress.

D.R.

« Space 1999 », G. & A. Anderson, 1975-1977

Fauteuil “Elda”, Joe Colombo
“Elda” armchair, Joe Colombo
D.R.

Création emblématique de Joe Colombo, le fauteuil Elda (nommé en hommage à sa femme) présente une silhouette révolutionnaire, à la fois confortable et innovante en termes de matériaux. Sa forme avant-gardiste surprenante lui vaut un succès cinématographique certain, notamment dans la série Space 1999, ou encore dans le film Hibernatus d’Edouard Molinaro (1969), ci-dessous. Plus récemment, il sera également la star de la saga Hunger Games (2012), preuve de son intemporalité.

Emblematic creation of Joe Colombo, the Elda armchair (named in homage to his wife) presents a revolutionary silhouette, both comfortable and innovative in terms of materials. Its surprising avant-garde form earned it definite cinematic success, notably in the Space 1999 series, or in the film Hibernatus by Edouard Molinaro (1969), below. More recently, he will also be the star of the Hunger Games saga (2012), proof of his timelessness.

D.R.

Courtesy Galerie Downtown – François Laffanour

« Surviving Picasso », James Ivory, 1996

Chaise « Standard » et fauteuil « Visiteur » à lattes, Jean Prouvé
Lampadaire, Serge Mouille
Chaise longue, Le Corbusier, Jeanneret, Perriand

« Standard » chair and slatted “Visitor” armchair by Jean Prouvé
Standing lamp, Serge Mouille
Lounge chair « B 306 », Le Corbusier, Jeanneret, Perriand
D.R.

D.R.

Ce film mythique raconte l’histoire fusionnelle et passionnelle entre Pablo Picasso et Françoise Gilot, de 1944 à 1953. Tout commence peu avant la seconde guerre mondiale, sous les toits de Paris, quand Picasso reçoit la visite de deux jeunes et jolies étudiantes en art. L’une d’elle se laisse alors séduire par le grand génie. Nombreux sont les biopics dédiés au peintre, mais celui-ci aura le mérite de consacrer une grande place au décor d’intérieur. Les citations du design de cette époque d’après-guerre sont nombreuses : des chaises Standard et des fauteuils Visiteurs de Jean Prouvé, des luminaires de Serge Mouille et autre pièces majeures de cette période. Il est intéressant de noter que la famille refusa de prêter des originaux de l’artiste pour le tournage, du fait de l’interprétation trop libre des mœurs de l’artiste, le réalisateur fut donc contraint donc commander de nombreuses copies pour le film.

This legendary film tells the fused and passionate story between Pablo Picasso and Françoise Gilot, from 1944 to 1953. It all begins shortly before the Second World War, under the roofs of Paris, when Picasso receives the visit of two young and pretty art students. One of them lets herself be seduced by the great genius. There are many biopics dedicated to the painter, but this one will has the merit of devoting a great deal of space to interior decor. There are many design quotes from this post-war era: Standard chairs and Visitors armchairs by Jean Prouvé, lighting by Serge Mouille and other major pieces from this period. It is interesting to mention that the family refused to lend originals of the artist for the shooting, because of the too free interpretation of the decor of the artist, the director was therefore forced to order many copies for the film.

Courtesy Galerie Downtown – François Laffanour

Courtesy Galerie Downtown – François Laffanour

« American Psycho », Mary Harron (2000)

Fauteuil et ottoman « Barcelona », Mies Van der Rohe
Chaise, Charles Rennie Makintosh
Table basse, Paola Piva

« Barcelona » armchair and ottoman, Mies Van der Rohe
Chair, Charles Rennie Makintosh
Coffee table, Paola Piva
D.R.

D.R.

La palme d’or de la présence à l’écran revient sans aucun doute au modèle Barcelona de Mies Van der Rohe. Mis en scène dans l’appartement glacial du golden boy et héros incarné par un Christian Bale démoniaque dans American Psycho, l’ensemble participe fortement à l’atmosphère anxiogène du film, la pièce déjà très minimaliste se transformant en véritable bloc opératoire pour les scènes de crime. Ce modèle sera ensuite utilisé dans de nombreux décors de bureaux, semblant asseoir la légitimité de son propriétaire, puisque, le mobilier est aussi moyen de confirmer le statut social. Il sera également visible dans le film Casino Royale de Martin Campbell en 2006 (ci-dessous).

The Oscars of screen presence undoubtedly goes to the Barcelona model by Mies Van der Rohe. Staged in the freezing apartment of the golden boy and hero embodied by a demonic Christian Bale in American Psycho, the set strongly contributes to the anxiety-provoking atmosphere of the film, the already very minimalist space transforming into a real operating theater for the scenes of crime. This model will then be used in many office decorations, seeming to establish the legitimacy of its owner, since, furniture is also a means of confirming social status. It will also be visible in the film Casino Royale by Martin Campbell in 2006 (below).

D.R.

« A Single Man », Tom Ford, 2009

Chaise « Standard » démontable, Jean Prouvé
Lampe à poser, Serge Mouille

Demountable « Standard » chair, Jean Prouvé
Desk lamp, Serge Mouille
D.R.

Les villas dessinées par l’architecte américain John Lautner (1911-1994) sont un classique du cinéma, un véritable fantasme sur grand écran. Ce sont bien plus que de simples décors de film. Elles accompagnent l’intrigue, donnant du sens et de la profondeur au quotidien des protagonistes. La Shaffer House, construite en 1949, n’y fait pas exception. En plein cœur de la montagne, sous un chêne majestueux essentiel à l’intrigue, elle accompagne la tragédie vécue par le personnage principal. Appelée « maison de verre » par ses occupants fictifs, elle est meublée très simplement de créations des années 1960, telles que des chaises Standard démontables de Jean Prouvé ou des luminaires de Serge Mouille. Pour l’occasion, Tom Ford a même bénéficié de conseils d’expert en mobilier d’après-guerre.

The villas designed by American architect John Lautner (1911-1994) are a cinema classic, a fantasy on the big screen. They are much more than just film sets. They accompany the intrigue, giving meaning and depth to the everyday life of the protagonists. The Shaffer House, built in 1949, is no exception. In the heart of the mountain, under a majestic oak tree essential to the intrigue, it accompanies the tragedy experienced by the main character. Called “glass house” by its fictitious occupants, it is very simply furnished with creations from the 1960s, such as removable Standard chairs by Jean Prouvé or lighting by Serge Mouille. For the occasion, Tom Ford even received expert advice on post-war furniture.

Courtesy Galerie Downtown – François Laffanour

« Le Loup de Wall Street », Martin Scorsese, 2013

Fauteuil « Wassily », Marcel Breuer
« Wassily » armchair, Marcel Breuer
D.R.

Adapté de l’ouvrage de Jordan Belfort, Le Loup de Wall Street raconte l’ascension puis la descente aux enfers de l’un des plus grands courtiers en bourse de la fin des années 80. L’intrigue nous entraine dans une succession de scènes délirantes aux protagonistes accros à l’argent et au sexe. Le spectateur entre alors dans un univers peu connu, et le décor est essentiel : entre penthouse newyorkais, villas et yacht, tout est fait pour accentuer le faste et l’absurde des vies qui s’y déroulent. Une scène mémorable, entre le personnage principal et un banquier suisse (Jean Dujardin) met en avant un ensemble phare du design des années 1925-1926 : les fauteuils Wassily de Marcel Breuer.

Adapted from the book by Jordan Belfort, The Wolf of Wall Street is about the rise and then the descent into hell of one of the largest stockbrokers of the late 80s. The plot takes us through a succession of delirious scenes of the protagonists addicted to money and sex. The spectator then enters a little-known universe, and the decor is essential: between New York penthouse, villas and yacht, everything is done to accentuate the splendor and the absurd of the lives that unfold there. A memorable scene, between the main character and a Swiss banker (Jean Dujardin) highlights a flagship set of design from 1925-1926: the Wassily armchairs by Marcel Breuer.

« Alien : Covenant », Ridley Scott, 2017

Fauteuil, Carlo Bugatti
Armchair, Carlo Bugatti
D.R.

Ridley Scott, réalisateur américain contemporain, est – entre autres – réputé pour la qualité de ses décors et son incroyable application à envelopper le spectateur dans une expérience cinématographie « globale ». Ici, dans une maison posée au beau milieu d’un lac, Michel Fassenberg trône sur un siège de Carlo Bugatti (dessiné par l’artiste italien en 1905), placé aux côtés d’une table basse E1027 d’Eileen Gray. Cette juxtaposition de deux styles si différents repousse les limites des codes classiques et démontre la créativité du réalisateur, soucieux de créer un contraste esthétique flagrant.

Ridley Scott, contemporary American director, is – among other things – renowned for the quality of his sets and his incredible application in enveloping the spectator in a « global » cinematography experience. Here, in a house set in the middle of a lake, Michel Fassenberg sits on a seat by Carlo Bugatti (designed by the Italian artist in 1905), placed next to an E1027 coffee table by Eileen Gray. This juxtaposition of two styles so different pushes the limits of classic codes and demonstrates the creativity of the director, anxious to create a blatant aesthetic contrast.

« Once upon a time in Hollywood », Quentin Tarantino, 2019

Grande table de bibliothèque, Pierre Jeanneret
Library table, Pierre Jeanneret
D.R.

D.R.

Comment peut-on parler de cinématographie contemporaine sans mentionner l’enfant terrible d’Hollywood qu’est Quentin Tarantino ! Célèbre réalisateur de Pulp Fiction et Kill Bill, il sort en 2019 Once upon a time in Hollywood, son neuvième film, dédié à l’industrie du cinéma américain, qui se déroule dans le Hollywood des années 70. Riche de références aux Westerns et avec un jeu d’acteur impressionnant des deux protagonistes Leo Di Caprio et Brad Pitt, ce film oscille entre violence et comédie, film d’action et mélodrame, à la sauce Tarantinesque. Dans la scène faisant un clin d’œil à son autre chef-d’œuvre Inglorious Bastards, Di Caprio enflamme les Nazis pendant leur réunion sur une table éclairante de… Pierre Jeanneret ! Un choix de meuble assez inattendu, sachant que cette table a été dessinée dans les années 50 pour l’université de Chandigarh en Inde, bien après la Seconde Guerre Mondiale. Mais comme dans tous les films de Tarantino, l’humour, la caricature et la fiction se mélangent, et on se laisse porter par l’univers unique créé par le réalisateur.

How can we talk about contemporary cinematography without mentioning Hollywood’s enfant terrible Quentin Tarantino! The famous director of Pulp Fiction and Kill Bill, he releases in 2019 Once upon a time in Hollywood, his ninth film dedicated to the American film industry which takes place in Hollywood in the 70s. With lots of references to Western and the impressive actor play of two protagonists Leo Di Caprio and Brad Pitt, this film oscillates between violence and comedy, action film and melodrama, with a Tarantinesque sauce. In the scene making a hint at his other cinematographic masterpiece Inglorious Bastards, Di Caprio ignites the Nazis during their meeting on the illuminating table of … Pierre Jeanneret!
The choice of furniture quite unexpected, knowing that this table was designed in the 1950s for the University of Chandigarh in India long after the Second World War. But as in all Tarantino’s films, humor, caricature and fiction mix, we let ourselves be carried away by the unique universe created by the director.

Au-delà d’une narration enrichie par le Design, certains films sont un véritable régal visuel. Avec ou sans pièces emblématiques du design, ces films nous occupent, nous inspirent et nous font rêver. Comme affirmait la phrase culte d’André Barzin ouvrant la narration du Mépris de Jean Luc Godard (1963) « Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs ».

Beyond a narrative enriched by Design, some films are a real visual treat. With or without the emblematic pieces of design, these films occupy us, inspire us and make us dream. As the cult phrase by André Barzin claims during the opening of the narrative of Jean Luc Godard’s Contempt (1963) « Cinema replaces our world with a world that matches our desires ».

D.R.

Amateurs de cinéma ou de design, bonne séance à tous !

Cinema or design lovers, we wish you a nice film session!
D.R.