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Piotr Kowalski

2 mars 1927 (Pologne) - 7 janvier 2004 (Paris)
  • Presentation

    Piotr Kowalski, entre savoir et imaginaire

    Piotr Kowalski était mathématicien, ingénieur, architecte. Il venait de Pologne, mais il avait étudié au Massachusetts Institute of Technology de Cambridge, puis vécu à Paris. Il a collaboré avec Ieoh Ming Pei, Marcel Breuer et Jean Prouvé et construit des édifices. Piotr Kowalski a cependant choisi d’être artiste et de se consacrer à ce qui l’intéressait le plus : la connaissance du réel. Son travail, novateur, volontiers changeant, fondé sur la recherche et l’expérimentation, toujours soucieux d’innover, a tout de suite rencontré beaucoup d’intérêt. En 1963, il voit sa première exposition personnelle dans une institution culturelle organisée par Harald Szeemann à la Kunsthalle de Berne. Dans la décennie qui suit, il expose de nouveau à Berne, à Stockholm, à Amsterdam, à Paris, à Cassel à l’invitation de Pontus Hulten, Eddy de Wilde, Frank Popper, Pierre Gaudibert, Gilbert Brownstone, François Mathey et toujours Harald Szeemann. Il conçoit de nombreux projets et réalise dans le cadre de l’architecture et de l’urbanisme, en France et dans le monde, de nombreuses commandes, comme à Orléans, à La Défense à Paris et dans les villes nouvelles. De 1978 à 1985, Piotr Kowalski est boursier du Center for Advanced Visual Studies du Massachusetts Institute of Technology, où il installe un atelier. Il est nommé en 1987 professeur à l’École nationale supérieure des Beaux Arts de Paris. Piotr Kowalski a connu une carrière exceptionnelle, exposant dans les institutions et les manifestations les plus remarquées comme le Stedelijk Museum d’Amsterdam et la Documenta. La position de Piotr Kowalski est unique, qui associe l’art et la science, et inscrite dans son temps comme celles de Léonard et de Dürer à leur époque. Son art a souvent été rapproché du mouvement du lumino-cinétisme avec lequel il partage certaines conceptions : il se trouve en réalité plus proche de celui de Takis ou de Jean Dupuy, technologique et expérimental, très défini et non formel, situé entre la matérialité et le virtuel et toujours à la recherche du nouveau. Chacune de ses œuvres répond à un cahier des charges précis, est réalisée au moyen du calcul, peut prendre des formes variées et qui laissent toujours apparents leurs processus d’élaboration et les éléments de leur fabrication. Piotr Kowalski s’est intéressé dans son exploration du réel à l’espace, à la distance, au déplacement, à la vitesse, à la lumière, à la masse, à la transformation. Il s’est donné les moyens de les montrer de façon simple et concise à l’aide de dessins, de figures, de signes, de mots qui rendent visibles les phénomènes et traduisent les évidences. Piotr Kowalski a voulu comprendre, connaître, montrer et faire partager.
    Serge Lemoine

    Piotr Kowalski, between knowing and imagining

    Piotr Kowalski was a mathematician, engineer, and architect. He was born in Poland, but studied at the Massachusetts Institute of Technology (MIT) in Cambridge, USA, before settling in Paris. He worked with Ieoh Ming Pei, Marcel Breuer and Jean Prouvé, and constructed buildings. Piotr Kowalski nevertheless chose to be an artist and devote himself to what interested him most: knowledge of reality. His innovative and readily changing work, based on research and experimentation, and always concerned with coming up with something new, immediately stirred up a lot of interest. In 1963, he had his first solo show in a cultural institution, organized by Harald Szeeman at the Bern Kunsthalle. In the ensuing decade, he exhibited again in Bern, as well as in Stockholm, Amsterdam, Paris, Kassel, at the invitation of Pontus Hulten, Eddy de Wilde, Frank Popper, Pierre Gaudibert, Gilbert Brownstone, François Mathey, and, invariably, Harald Szeemann. He devised many projects and, in the context of architecture and city planning, in France and elsewhere in the world, he produced many commissioned works, in Orléans, for example, at La Défense in Paris, and in new towns. Between 1978 and 1985, Piotr Kowalski had at grant at the Center for Advanced Visual Studies at MIT, where he set up a studio. In 1987, he was appointed professor at the Ecole nationale supérieure des Beaux Arts in Paris. Piotr Kowalski had an outstanding career, exhibiting in the most prestigious institutions and events, such as the Stedelijk Museum in Amsterdam, and Documenta. Piotr Kowalski’s position is unique, combining as it does art and science, and participating in his day and age like the careers of Leonardo da Vinci and Dürer, in their day. His art has often been linked with the lumino-kinetic movement, with which he shared certain conceptions: he is actually closer to the technological and experimental work of Takis and Jean Dupuy, which is very defined and non-formal, situated somewhere between materiality and virtuality, and always looking for the new. Each one of his works complied with precise specifications, was produced by calculation, and could take on various forms, which invariably display their preparatory processes and the elements used to make them. In his exploration of reality, Piotr Kowalski was interested in space, distance, movement, speed, light, mass, and transformation. He had the wherewithal to demonstrate these elements in a simple and concise way with the help of drawings, figures, signs and words, lending visibility to phenomena and conveying things that are obvious. Piotr Kowalski was keen to understand, know, show, and share.
    Serge Lemoine


Piotr Kowalski est né en 1927 à Varsovie, en Pologne. Il étudie les sciences et l’architecture au MIT à Cambridge USA, puis devient architecte et développe de nombreux projets de sculpture et d’habitation qui se veulent à la pointe de la technologie. Piotr Kowalski travaille notamment de 1952 à 1957 à New York avec I.M. Pei et à Paris avec Marcel Breuer pour le Palais de l’UNESCO. Avec Jean Prouvé il étudie les structures préfabriquées pour les habitats du désert, dont un des principaux exemples est une cabine du Sahara présentée au Salon des Arts Ménagers en 1958. Très vite il réfléchit à la possibilité d’intégrer l’art au tissu urbain comme le prouvent plusieurs réalisations en France, en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Notamment à la Défense la place des Degrés et le Grand Escalier à gauche de la Grande Arche, ainsi que la sculpture monumentale l’Axe de la Terre à Marne-la- Vallée. En 1958 Piotr Kowalski fonde une société d’art autour de la machine qui produit la première construction sculpture-architecture de grande dimension. Piotr Kowalski réalise un prototype préfabriqué d’un transformateur électrique EDF installé à Fresnes en 1960, qui reste en matière d’architecture un élément déterminant dans les nouvelles techniques. Constitué de plaques de polyester, les murs du bâtiment sont conçus comme une sculpture permettant de donner aux espaces des formes complexes. Cette conception reprend les déformations subies par une surface élastique tendue sur un cadre métallique. Le nouveau procédé permet donc à Piotr Kowalski d’imaginer l’habitat d’une autre façon que la préfabrication classique. Ce mode de production est montré pour la première fois en 1961 à la Galerie des Beaux Arts à Paris, et lors d’ « Antiprocès 3 » à la Galerie Brera à Milan. Dans toute l’œuvre de Kowalski, l’action de la science sur la conception artistique est constante, son travail portant essentiellement sur le rapport entre les lois physiques et la matière, tout comme la poésie qui y est présente. A la différence des artistes des années 60 qui croient très fortement que la science annonce une nouvelle ère pour l’art (Art cinétique/Mec art), Kowalski n’emploie la technologie moderne que comme un moyen et non comme une finalité. Il faut se servir des choses objectives, extérieures (à l’art), pour être libre (..). Il n’y a pas de dichotomie entre la science et la vie pour moi, cela fait partie du même monde. Kowalski associe, en effet, l’univers de l’expérimentation à l’acte de la création, précisément pour échapper à l’emprise de la sensibilité comme à celle d’une trop grande participation manuelle. Les nouveaux outils technologiques, notamment le laser dans le domaine de l’optique, élargissent le champ de la perception ouvrant sur d’autres dimensions spatiales. L’exposition présentera avant tout la relation que Piotr Kowalski a su garder entre l’art et l’architecture durant une grande partie de sa vie. Des maquettes d’architecture, des pièces uniques en néon, de petites éditions ou encore des œuvres expérimentales, seront exposées afin de mieux présenter son travail de recherche. L’exposition se tiendra à la galerie Downtown-François Laffanour (33, rue de Seine, 75006 Paris) du 12 avril au 31 mai 2013.

 

 

 

Biographie

1927 : naissance le 2 mars à Lvov, alors en Pologne
1947-1952 : études de mathématiques et architecture au M.I.T. à Cambridge
années 1950 : travaille avec Jean Prouvé, Marcel Breuer et Ioeh Ming Pei
1957 : s’installe à Paris
1958 : Réalisation ‘une Cabine au Sahara’ avec Jean Prouvé, au Salon des Arts Ménagers 1963 : première grande exposition à Berne
1966 : conçoit des livres-objets entre autres pour le poète Ghérasim Luca
1968 : représente la France à la XXXIVe Biennale d’Art à Venise
1969 : exposition de l’ARC
1978-1985 : Professeur au M.I.T. à Cambridge
1981 : Exposition au Centre Georges Pompidou
1981 : reçoit le Grand Prix National de la Sculpture
à partir de 1987 : professeur à l’école des Beaux Arts à Paris
1990 : œuvre monumentale Place des Degrés à La Défense
1991 : œuvre monumentale à Saint-Quentin-en-Yvelines
1992 : l’œuvre « L’Axe de la Terre » à Marne-la-Vallée
2004 : décède le 7 janvier à Paris
 

 

 

Bibliographie

– Piotr Kowalski, Jean-Christophe Bailly, Editions Hazan, 1988.
– L’art actuel en France : Du cinétisme à l’hyperréalisme, Anne Tronche et Hervé Gloaguen, Editions Balland, 1973, pages 91 à 95.
– Piotr Kowalski et la théorie des références, Emmanuel Mavrommatis, Opus International, N°48, Fêvrier 1974, pages 22 à 30.
– Catalogue de l’exposition « L’art et la ville – Art dans la vie », pages 20, 85, 132, 137, 158, 160.
– Kowalski : progrès technologique et contestation, Frank Popper, Opus International, N°8, Octobre 1968, pages 52 à 56.
– Une recherche systématique des formes est-elle une expression artistique ?, Alain Jouffroy, Domus, N°383, Octobre 1961, pages 7 à 12.
– Une poétique de l’invention, Piotr Kowalski, Pierre Joly, L’œil, N°159, Mars 1968, pages 36 à 43.