Chandigarh

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« Qu’elle soit une ville nouvelle, symbole de l’indépendance de l’Inde, libérée des traditions du passé – l’expression de l’espérance nationale pour le futur »
Nehru

Chandigarh, ce nom résonne désormais désormais familièrement chez les amateurs de Design, et autres passionnés de l’histoire de l’architecture du XXème siècle. Il s’agit de l’œuvre d’une vie, d’une collaboration exceptionnelle entre architectes talentueux, qui marque encore et toujours les esprits, celle qui – au-delà d’une vision futuriste, intelligente et esthétique – bouleversera les codes de l’ameublement, et deviendra l’icône des intérieurs d’aujourd’hui.

Pierre Jeanneret et Le Corbusier, 1955, Chandigarh, par Jeet Malhotra, © Fond Le Corbusier, ADAGP

Tout commence en 1947, lorsque Charles-Édouard Jeanneret, plus connu sous le nom de Le Corbusier, est appelé par Nehru, le premier « Premier Ministre Indien » qui souhaite offrir au Pendjab une capitale digne de ce nom. L’indépendance de l’Inde divise en effet le Pendjab en deux parties, indienne et pakistanaise. Lahore étant perdue au profit du Pakistan, le Pendjab indien est dans l’obligation d’en créer une nouvelle, ex nihilo. Le site de Chandigarh, au pied de l’Himalaya, est choisi, et Nehru souhaite alors ce qu’il y a de plus moderne en termes de construction, pour témoigner de la vitalité de l’Inde.

Le Corbusier connaissait la Suisse, où il est né, ainsi que la France, où il était installé, mais n’avait jamais eu l’occasion de travailler aux côtés d’une population différente, sur un territoire aux contraintes géographiques et thermiques nouvelles. Si la difficulté de construire une ville sans véritable base est bien réelle, cela lui permet de travailler dans un contexte plus « vierge » et de tirer parti de tous les savoirs locaux, et des traditions indiennes déjà en place.

Nommé en 1950 architecte officiel en charge du plan d’ensemble de la ville, il est alors rejoint par Pierre Jeanneret, E. Maxwell Fry et Jane B. Drew.

« Chandigarh est toujours un laboratoire vivant, l’influence de Le Corbusier se ressent encore dans son développement ».

Haute_Cour de Justice de Chandigarh, par Lucien Hervé, 1955 © Lucien Hervé, FLC, ADAGP
Chandigarh se démarque par son architecture totalement hors-norme. Elle est divisée en soixante secteurs, eux-mêmes segmentés par des voies de circulation en « niveaux », visant à fluidifier le trafic.
« Plan de la nouvelle capitale du Pendjab » © Fond Le Corbusier / ADAGP

Au delà de l’urbanisme global de la ville, les plus grandes réalisations de Le Corbusier sont le Capitole, l’Assemblée et le Palais de Justice. Autant de bâtiments illustrant le pouvoir et l’importance d’une administration indienne se voulant le reflet d’une société moderne souhaitée par Nehru. Si la ville imaginée par Le Corbusier était initialement prévue pour 500 000 habitants, elle en compte aujourd’hui plus de deux millions.

« Enfin, l’architecte, l’urbaniste, le peintre et le sculpteur ont accouché ici de poésie » écrit Le Corbusier dans une lettre à sa mère.

Si la ville imaginée par Le Corbusier était initialement prévue pour 500 000 habitants, elle en compte aujourd’hui plus de deux millions.

Le Corbusier faisant visiter le site de Chandigarh à André Malraux, lors de son voyage là bas en décembre 1958. Celui-là même qui affirmait en 1965, lors de son oraison funèbre :

« Les architectes grecs, avec une profonde tristesse, décident de déléguer leur président aux obsèques de Le Corbusier pour déposer sur sa tombe de la terre de l’Acropole ».

« L’Inde, où se trouvent plusieurs des chefs d’œuvre de Le Corbusier, et la capitale qu’il a construite : Chandigarh, viendra verser sur ses cendres l’eau du Gange, en suprême hommage ».

PIERRE JEANNERET & CHANDIGARH

Fruit d’une symbiose entre urbanisme, architecture et design, Chandigarh sera l’occasion pour Pierre Jeanneret de penser le mobilier des bâtiments publics mais aussi les habitations privées.

Diplômé de l’Ecole des beaux-arts de Genève, sa collaboration au cours de ses jeunes années d’architecte avec Auguste et Charles Perret à Paris, dans les années 1920, lui confère rapidement cet idéal moderniste et cette envie d’une architecture marquante. Il commence ensuite à travailler avec Le Corbusier, et son rôle dans les projets de son cousin est essentiel. C’est d’ailleurs ensemble qu’ils éditent ce manifeste aujourd’hui fondateur, « Cinq points vers une Nouvelle architecture » (1926). La villa Savoye (Poissy, France) sera d’ailleurs l’illustration parfaite de cette idéologie. L’arrivée de Charlotte Perriand au studio de Le Corbusier marque ensuite le début d’une période particulièrement fructueuse pour ce trio désormais emblématique du design français.

Fernand Léger, Charlotte Perriand, Le Corbusier, Albert Jeanneret, Pierre Jeanneret, Matila Ghyka à Athène, 1933 © Archives Charlotte Perriand

Cette mission de Chandigarh est également un travail global, à 4 mains. Les deux compères, complémentaires, mettent à profit ensemble leur savoir-faire et leur vision si particulière de la ville moderne. Pierre Jeanneret restera sur place près de 15 ans pour suivre le chantier de près, quand Le Corbusier fait de nombreux aller-retours. Une très riche correspondance entre les deux hommes témoigne de leur proximité intellectuelle et de leur collaboration prolifique en termes d’architecture et de mobilier.
Beaucoup plus que ses collaborateurs, Jeanneret se place très vite du point de vue indien et les considérations locales lui tiennent particulièrement à cœur. Il souhaite créer en communion avec le pays et ses rituels propre.

La question du climat est essentielle : chaud et humide. Il mettra d’ailleurs au point une grille climatique pour optimiser le confort des habitants. Pierre Jeanneret observe précisément les us et coutumes des habitants, mais également leurs modes de vie, leurs préoccupations quotidiennes. Du fait de son amitié avec certains Indiens, et son ouverture d’esprit reconnue, il adapte parfaitement ses connaissances théoriques au terrain. Pierre Jeanneret et Le Corbusier ont également dû faire attention aux couts de production, et pour cela, ont décidé d’utiliser les matériaux locaux, tels que le teck pour le mobilier (ou le béton pour la construction), en évitant soigneusement toute importation de matières premières étrangères.

Chaque pièce dessinée par Jeanneret illustre l’influence de l’Inde sur son talent. Il n’a de cesse de mettre en valeur les essences de bois exotiques au travers de son moblier. Il observe les techniques de cannage ancestrales, apprend des indiens leur savoir-faire, les fait travailler pour lui, avec lui, dans toutes ses réalisations. La géométrie devient ensuite un motif récurrent, tout comme l’association du teck et du cannage.

Plus discret et introverti que son cousin, il est ce qu’on appelle un « homme de l’ombre ». Jean Prouvé écrit d’ailleurs à propos de son ami :

« Rien n’aurait mis Pierre Jeanneret plus mal à l’aise que de savoir qu’on pourrait écrire à son sujet »

« Je crois que Pierre était trop éclipsé par son cousin géant, Corbu. Pour ma part, je l’ai toujours considéré comme un des guides les plus sûrs de l’architecture contemporaine, plein de talent et avec des idées bien à lui »

Walter Gropius

© FLC / ADAGP

« Avec les moyens les plus simples, il proposait timidement des merveilles »
Jean Prouvé

Tout est pensé en fonction de la destinée du meuble. Les réalisations pour les bâtiments administratifs sont conçues pour optimiser le rangement et l’efficacité des fonctionnaires. Le mobilier domestique sera quant à lui pensé pour plus de confort. Jeanneret conjugue modernité, inventivité et tradition.

A l’origine piétonne, l’esplanade du Capitole s’est rapidement transformée en parking pour les voitures officielles des juges ! La majestueuse Haute-Cour de Justice impressionne par sa silhouette symétrique et par son escalier en ellipse desservant les coursives. Les couleurs enfantines verte, jaune et rouge – emblématique de la palette de l’architecte – tranche avec la sévérité géométrique du bâtiment. Formes qui trouveront échos, toujours, dans le mobilier de Pierre Jeanneret.

Originally pedestrian, the Capitol esplanade quickly turned into a parking lot for official judges’ cars! The majestic High Court of Justice impresses with its symmetrical silhouette and its elliptical staircase leading to the passageways. The childish colors of green, yellow and red – emblematic of the architect’s palette – contrast with the geometric severity of the building. Shapes that will always find echoes in the furniture of Pierre Jeanneret.

PIERRE JEANNERET & COLLECTIONS PRIVÉES

Collection Privée, Belgique

Collection Privée, UK

Chandigarh : une aventure éternelle… !

© FLC / ADAGP

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